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Ce conte fait ± 3¼ pages (8566 caractères)
Pays ou culture du conte : États-Unis.

Néléphant avec baleine

Tradition Orale (S/O-S/O)

Un jour, Compère Lapin et Compère Bouki voyageaient de compagnie (mot à mot : étaient après = en train de voyager ensemble). Compère Lapin souvent l’emmenait pour faire paillasse avec lui (pour s’en amuser comme d'un paillasse) et en même temps, Compère Lapin était au courant de toutes sortes de nouvelles que Compère Bouki lui racontait.

Quand ils arrivèrent au bord de la mer, ils virent quelque chose qui était bien drôle (curieux). Cela les étonnait tellement qu’ils restèrent pour entendre et regarder. C’était un éléphant et une baleine qui étaient en train de causer ensemble. Tu vois, dit Bouki, ce sont les deux plus grosses bêtes qu’il y ait dans le monde et ce sont elles qui sont les plus fortes de tous les animaux.

— Tais-toi1 dit Compère Lapin avançons et écoutons (mot à mot : allons avancer et écouter), je veux savoir ce qu’ils sont en train de dire.

Ils avancèrent tout près. L’Éléphant dit ainsi à la Baleine : Ma commère comme c’est vous qui êtes la plus grosse et la plus forte dans la mer et moi qui suis le plus gros et le plus fort sur la terre, il faut que nous fassions la loi et tous ceux qui se révolteront, nous les tuerons.

— Oui Compère Éléphant, garde la terre et moi je garderai la mer.
— Tu entends dit Bouki courons (filons !) parce que nous sortirons sales (nous serons dans notre tort) s’ils voient que nous sommes en train d’écouter leur conversation.
— Ah ouache2 dit Compère Lapin, je me f… pas mal d’eux, je suis plus malin qu’eux. Tu vas voir comme je vais les arranger tous les deux tout à l’heure.
— Non ! dit Compère Bouki, j’ai peur, je m’en cours.
— Eh bien, cours; d’abord tu es si capon, tu n’es bon à rien. Pars vite, je suis las de t’entendre, à force que tu es bête (tellement tu es bête3. Après quoi, Compère Lapin courut chercher une corde qui était longue et très forte, puis il apporta son tambour et le cacha dans les hautes herbes. Il prend la corde à un bout et il s’approche de l'éléphant et lui dit :
— Monsieur, vous qui êtes si bon et si fort vous devez bien me rendre un petit service, vous me sortirez d'un grand tracas et m’empêcherez de perdre de l’argent.

L’éléphant était content d’entendre un si joli compliment et il dit à Compère Lapin:

— Tout ce que tu voudras je le ferai pour toi, je suis toujours prêt pour (à) obliger tous mes amis.
— Oui, dit Compère Lapin, j’ai une vache qui s’est embourbée au ras de la mer, vous savez que je ne suis pas assez fort pour la haler. Je suis venu auprès de vous pour que vous m’aidiez; prenez la corde dans votre trompe, je vais courir attacher la vache et quand vous m’entendrez battre du tambour vous tirerez très fort sur la corde. Je vous dis cela parce que la vache est embourbée profondément (dans la boue)
— C’est bon, dit l'Éléphant, je te garantis que je vais sortir cette vache ou la corde cassera.

Alors Compère Lapin prend l’autre bout de la corde, il court au bord de la mer, il fait à la Baleine un joli compliment, il lui demande le même service pour désembourber sa vache qui était prise au ras d’un bayou4 dans le bois. Compère Lapin a la bouche tellement douce (la langue dorée) que personne n’est capable de lui rien refuser. La Baleine ne fait ni un ni deux5, elle prend la corde dans sa gueule et dit à Compère Lapin:

— Quand j’entendrai le tambour, je halerai.
— Oui, dit Compère Lapin, commence à haler doucement, ensuite de plus fort en plus fort.
— Tu n'as pas besoin d'avoir peur dit la Baleine, je sortirai ta vache alors même que le Diable la tiendrait.
— Tant mieux dit Compère Lapin, tout à l'heure, nous allons rire, et il battit son tambour.

L'éléphant commence (se prend à) haler, haler, la corde était raide comme une barre de fer, elle était sur le point de craquer. La baleine, de son coté, elle aussi halait, halait, à la fin elle était sur le point (ou en train) de courir vers la terre parce que l'éléphant était beaucoup mieux placé pour haler. Quand la baleine vit qu'elle était en train d'être mise à sec (de monter sur la terre), cré mille tonnerres! Elle donna un terrible coup de queue (elle battit sa queue raide) et elle piqua au large. Elle imprima ainsi (elle fit) une secousse si dure qu'elle traîna l'éléphant au ras de l'eau. L'éléphant dit comme ça:

— Aie ! Mais qu'est-ce que c'est tout cela? C'est une vache qui est joliment forte pour me traîner comme cela! Attends un peu! (Reste un peu) que je m'accroupisse et que je mette mes deux pieds de devant dans la boue. Là, me voilà à genoux à cette heure!

Et il commence à entortiller la corde avec sa trompe. Il tordit si bien la corde qu'à la fin il réussit à haler la Baleine au ras de la terre. Cela le surprit beaucoup: au lieu d'une vache c'était sa commère Ba leine. Alors il dit comme ça:

— Mais, qu'est-ce que c'est ma commère , je croyais que c'était la vache de Compère Lapin que j'étais en train de désembourber.
— Aïe ! dit la Baleine, Lapin m'a dit la même chose (le même quelque chose), je crois bien qu'il a voulu se f... de nous.
— Alors il va payer cela (mot à mot : il a à payer cela) dit l'Éléphant, je lui défends de manger un brin d'herbe sur la terre, parce qu'il s'est moqué de nous.
— Moi aussi dit la Baleine, je lui défends de boire une goutte d'eau dans la mer, il faut que nous le surveillions et le premier qui le voit, il ne faut pas que nous le rations. Compère Lapin qui était en train d'écouter dit à Compère Bouki:
— Il est temps que nous partions, il fait chaud pour nous.
— Tu vois, dit Bouki, tu nous mets dans un grand tracas. Jamais je ne courrai plus avec toi nulle part!
— Oh! tais ta gueule! dit Lapin, je n'en ai pas fini avec eux, attends un peu tu vas voir comment je vas les arranger.

Cela fait que ils ont couru leur chemin chacun de son côté. Quand Compère Lapin arriva dans un bois il trouva un petit chevreuil qui était mort; les chiens l'avaient tellement massacré qu'il était plein de plaies et que dans beaucoup d'endroits son poil était tombé. Compère Lapin l'écorcha et mit la peau sur son dos, il s'en enveloppa si bien qu'il ressemblait à un petit chevreuil. Alors il se mit à boiter sur trois pattes et il passa tout près de Compère Éléphant qui lui dit:

— Mais (mon) pauvre petit chevreuil qu'est-ce que tu as?— Oh oui! Je souffre beaucoup, vous voyez, c'est Compère Lapin qui m'a empoisonné, et il a envoyé sa malédiction sur moi, juste parce que je voulais, comme vous l'avez dit, l'empêcher de manger de l'herbe. Prenez garde à vous, Monsieur l'Éléphant. Compère Lapin est engagé avec le Diable, il vous servira mal si vous n'y faites pas attention.

Alors l'éléphant eut peur et il dit :

—Petit Chevreuil tu diras à Compère Lapin que je suis son meilleur ami, dis lui de manger de l'herbe tant qu'il veut. N'oublie pas, non! et fais-lui compliment pour moi.

Le petit chevreuil passa son chemin et quand il arriva au bord de la mer, la Baleine lui dit:

— Mais, pauvre petit chevreuil, tu boites, qu'est-ce donc, je crois que tu es très malade.
— Oh oui ! Je souffre beaucoup c'est Compère Lapin qui m'a mis dans cet état, prenez garde à vous, Commère Baleine.

Elle aussi avait peur, cela fait qu'elle dit :

— Petit Chevreuil, je ne veux pas avoir d'affaire avec le Diable, je t'en prie dis à Compère Lapin de boire toute l'eau qu'il veut, je le laisserai bien tranquille.

Cela fait que Compère Lapin continua son chemin et que lorsqu'il arriva auprès de Compère Bouki, il ôta la peau et lui dit comme ça:

— Tu vois que je suis plus malin qu'eux et que je suis capable de me... moquer d'eux tout le temps et des deux ensemble. Là où moi je pas serai, un autre va se trouver pris!


1. Ferme ta gueule. Paix (pè) est devenu aux Antilles le verbe se taire ainsi que nous l'avons indiqué dans notre grammaire.
2. Exclamation qu'on rencontre dans presque tous les créoles: Ah! Ouat! 
— Ah Oua! — Ah ouache! On la trouvera aussi dans le texte guyanais.
3. A force que” est une expression typiquement créole, en grand usage en créole, elle a pénétré dans le français. 
4. Nom donné en Louisiane à des canaux naturels dérivés du Mississipi ou d'autres cours d'eau importants, ou à des rivières traversant des terrains marécageux (Larousse du XXe siècle).
5. Expression courante aux Antilles pour exprimer une décision rapide suivie d'exécution.

* Conte de la Louisiane publié en 1895.

* Ce conte est dans le domaine public au Canada, mais il se peut qu'il soit encore soumis aux droits d'auteurs dans certains pays ; l'utilisation que vous en faites est sous votre responsabilité. Dans le doute ? Consultez la fiche des auteurs pour connaître les dates de (naissance-décès).

- FIN -

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